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Goût et coût des aliments - Prof Dr Adam Drewnowski
Quels sont les principaux facteurs de régulation de la prise alimentaire ?
On mange en partie pour ne pas avoir faim mais aussi parce que manger et boire sont des activités agréables. Pour de nombreuses personnes, la nourriture est un élément important du bien-être, un élément qui fait plaisir et qui est également associé à leur qualité de vie. L’alimentation implique les aspects culturels, émotionnels et sociaux de la vie quotidienne. Mais au-delà des facteurs biologiques et sociaux, la prise alimentaire serait influencée et d’une façon très importante, par divers aspects de l’environnement.
Même si l’on choisit des aliments en fonction de leur goût et de leur coût, des facteurs liés à la famille et au domicile, c'est-à-dire à l’environnement le plus proche, sont toujours très présents. Où s’approvisionner ?, où bien manger ?, à quelle distance de chez soi et à quel prix ?, ce sont les questions que se posent plusieurs fois par jour les consommateurs.
Obésité : que nous dit l’épidémiologie ?
Dans la plupart des pays développés comme en voie de développement, les dernières décennies du 20ième siècle ont été le témoin d’une augmentation régulière de la prévalence de l’obésité. Les derniers chiffres en provenance des Etats-Unis apportent la première note discordante avec un net ralentissement depuis les années 2000. Chez l’enfant également, une augmentation rapide du surpoids et de l’obésité a été documentée dans de nombreux pays jusqu’aux années 2000. Dans ce contexte général, de récentes publications montrant comme en France, en Suisse, en Angleterre, aux Etats-Unis une stabilisation de la prévalence du surpoids et de l’obésité prennent une importance particulière. Les évolutions observées dans les pays en voie de développement montrent clairement un parallèle entre le développement économique, l’urbanisation et l’augmentation de la prévalence de l’obésité. Dans les pays développés comme la France où le recul de la pauvreté et l’urbanisation sont des phénomènes beaucoup plus anciens, un fait marquant de l’épidémie d’obésité observée à partir des années 1990 chez l’adulte a été son caractère diffus dans la population. L’amélioration très générale des conditions de vie de l’après-guerre dans lesquelles les générations nées à partir des années 1960 ont vécu toute leur enfance explique probablement en partie ce caractère très diffus. La mise en évidence d’une progression rapide de la prévalence de l’obésité chez les enfants impactant ultérieurement celle de l’adulte s’est faite en parallèle avec le développement d’une nouvelle approche de la physiopathologie des maladies chroniques de l’adulte à laquelle la recherche en épidémiologie a largement contribué, mettant en lumière leurs origines développementales. Des périodes critiques au cours du développement affectant le risque d’obésité tout au long de la vie ont ainsi était identifiées telles que la période prénatale, les six premiers mois de vie, la période du rebond d’adiposité à partir de 3 ans. L’obésité parentale est un des facteurs en cause à chacune de ces périodes. Elle peut s’expliquer par l’effet d’un environnement de plus en plus favorisant, facilitateur de l’expression d’une prédisposition génétique transmise entre parents et enfants mais d’autres facteurs de nature culturelle et épigénétique, tout particulièrement très tôt dans la vie, peuvent aussi intervenir dans cette transmission transgénérationnelle de l’obésité. Le ralentissement ou l’arrêt de la progression de la prévalence de l’obésité qui semble s’amorcer dans un certain nombre de pays développés tout particulièrement chez les enfants semble annoncer que certains des facteurs affectant cette susceptibilité précoce ont été récemment modifiés.
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